Bastide de Lamontjoie

Le lac du camping Saint-Louis vu du clocher
Le lac du camping Saint-Louis vu du clocher

L'histoire du clocher de Lamontjoie 

 

Les premières églises chrétiennes n'avaient ni cloches ni clochers, à partir du VIII° siècle on trouve les premières cloches.

Elles sont là pour convoquer les fidèles, accrochées prés des combles ou dans de petites arcatures ménagées au sommet des pignons. Ou encore sur de petits beffrois de bois accrochées aux façades les plus visibles. Ce sont encore de petites cloches légères.

Des vraies cloches seront fondues à partir du XIe siècle. En bronze composé de 80% de cuivre et 20% d'étain. Elles étaient lourdes et il fallut construire plus sérieusement pour porter à la fois son poids et le mouvement qu'elle engendrait en se balançant.

Il est alors venu à l'esprit d'en profiter pour en faire un signal qui montrerait la puissance de l'Eglise, comme le donjon montrait la puissance du Seigneur. On voit notre clocher sur la nationale de loin. (Les tours de la défense, signalent également la puissance du moment)

 

Bien avant les églises, existaient, des tours de guet pour la défense du territoire, du temps des romains et durant le Moyen âge. Nous sommes ici sur l'axe romain reliant Agen à Condom. Cet axe croise ici le chemin médiéval liant le château de Marin à l'Est à l'hospice du Nomdieu à l'Ouest.

 

Le mot  "Montjoie" veut dire colline dominante.

Il y a peut être eu ici, une de ces tours en bois où l'on se relayait pour faire le guet.

 

En 1298, Philippe le Bel décide de construire une bastide en ces lieux, Le Sénéchal du roi et l'arpenteur choisirent l'endroit précis où nous sommes, pour créer l'umbilicus, le lieu où planter le PAL au croisement des futurs cardo et decumanus. Nous sommes donc dans un lieu tout à fait privilégié.

 

Ici  une première église fut édifiée entre 1300 et 1350 dont il reste les murs latéraux en pierre blanche. Cette église comportait un clocher sur le côté avec des fenêtres rondes et une façade ouest non terminée.

Elle fit place au XVIe siècle à une église sur les fondations de la première mais beaucoup plus solide, et avec un chœur agrandi.

Mais pour la façade il n'y avait plus d'argent, alors on bâtit un campanile tout simple à la mode d'autrefois et une porte encore plus simple.

 

Reconstruction du XIX° siècle

 

Au XIXe siècle il fallu se rendre à l'évidence : les voûtes furent refaites, la charpente aussi, le clocher peint et les dernières travées de l'église se fissuraient surtout en partie haute.

On fit appel aux architectes d'Agen les plus spécialisés en la matière, Léopold Payen et son fils Edouard. 

Ils s'inspirèrent des modèles anciens du XIVe siècle comme il se devait à l'époque : haut pignon simulant une toiture médiévale, contreforts, corniches, bandeaux et gargouilles pour rejeter l'eau vers l'extérieur.

Ils avaient prévu une flèche sur le clocher qui n'a pu être financée. On garda tout de même les murs du clocher, en l'habillant à nouveau au dernier niveau. On y installa les quatre pinacles.

Le portail en arc brisé, ainsi que la série d'ogive, et au dessus la rose qui va éclairer le fond de l'église sont encore dans le style gothique.

De petits bas reliefs dans le goût 1900, essaient d'amuser la façade; les chats, la corbeille de fruits...

La tourelle d'escalier du clocher, sur plan octogonal fait sailli et apporte un élément d'animation et d'élancement en dépassant et sur la rue et en hauteur. Il n'y avait pas d'escalier dans l'ancien clocher et les cloches avaient été supprimées des arcades.

Le beffroi tout neuf sert à soutenir et abriter les cloches, il y a 3 cloches superposées qui donnent trois notes différentes. Vous pourrez les apercevoir en montant, si vous êtes très prudent.

 

Accès à la Terrasse 

 

En haut il y a une terrasse qui en traversant les siècles, a conservé le principe de surveillance et de guet.